Après neuf saisons passées au Mans, Laurent Bonnart découvre l'Olympique de Marseille. Sérieux et appliqué à l'entraînement, il l'est également au quotidien. Entre deux séances d'entraînement à Capbreton, il s'est confié à OM.net. Interview.
Comment se déroule la préparation ?
Personnellement, tout se passe bien, collectivement, cela se passe bien aussi. Je m'imprègne du contexte marseillais, ce qui me change beaucoup de la Sarthe, même si j'ai passé plus de temps à Capbreton qu'à Marseille. J'apprends à connaître mes partenaires et le staff. Toutes les habitudes changent mais pour l'instant je m'implique à 100% et tout se passe bien.
Comment avez-vous été accueilli ?
L'accueil a été très chaleureux. Entre les joueurs et le staff, cela représente beaucoup de personnes et je pense qu'il est important de se créer un monde à nous ouvert vers l'extérieur parce que c'est un club qui a une aura énorme partout où l'on va. Quand cela ira plus ou moins mal, ce que je n'espère pas, il faudra se souder. Et quand tout va bien, il faut savoir rester humble.
J'ai chanté "Le lion est mort ce soir". C'était assez rigolo de chanter ça. Il n'y avait aucun sous-entendu par rapport à Lyon, peut-être que certains l'ont pris comme cela mais ce n'était pas le but.
Il y a une tradition pour tous les nouveaux dans le groupe...
(Il coupe) La chanson ? (Rires) J'y ai eu droit... J'ai chanté un titre du groupe « Pow Wow », « Le lion est mort ce soir ». C'était assez rigolo de chanter ça. Il n'y avait aucun sous-entendu par rapport à Lyon, peut-être que certains l'ont pris comme cela mais ce n'était pas le but. Je trouve ça sympa et marrant. Tout le monde a chanté, personne ne s'est défilé. Au Mans, les nouveaux doivent faire un discours de bienvenue.
Certains coéquipiers vous ont accompagné après les premières phrases ?
Non, cela a été assez court. En général, cela dure une minute mais je n'ai chanté que 25 secondes car tout le monde m'a applaudi.
Titulaire pour le premier match de préparation contre Libourne. Comment vous êtes-vous senti ?
Etant donné toute la préparation, on ne sait jamais comment on va réagir car un match, même amical, est toujours quelque chose de particulier. Physiquement, c'était un peu dur. Au début, on se sentait un peu lourd. On n'a pas encore les jambes, c'est normal, on est au début de la préparation et on a deux séances par jour. Il ne fallait pas s'attendre à être très bien physiquement. Par contre, le mot d'ordre concernait l'état d'esprit sur le terrain en s'impliquant, en étant bien concentré et en mettant de la qualité technique pour éviter de trop souffrir. Dans l'ensemble, il y a eu de bonnes choses même si tout n'a pas été parfait, mais c'est normal parce que tactiquement, on n'a pas eu de grosses approches à ce niveau vu que le groupe n'est pas au complet.
Personnellement, les jambes sont venues en seconde période. Vu le travail effectué, les jambes se délient avec le temps. C'est une bonne étape de la préparation.
Comment s'est passé la communication avec vos trois partenaires de défense ? Premier point positif, tout le monde parle la même langue.
Jouer avec beaucoup de nationalités différentes dans la même équipe peut être un frein à la communication. J'ai vécu cela au Mans durant une saison où mes trois partenaires de la défense ne parlaient pas tous la même langue, en plus ce n'était pas les mêmes que la saison précédente. Ce n'était pas facile.
Il n'est pas tout le temps nécessaire de se parler mais la communication est très importante. On fonctionne souvent par paire ou par trio sur l'aile, c'est donc important de faire passer des informations. On a des repères mais au fil du temps, il y a des attitudes qui se font par habitude. Avec Gaël (Givet), on essaie de se parler car on ne voit pas toujours ce qui se passe dans notre dos. On se fait passer des informations, c'est très important. Cela concoure également à renforcer la solidarité.
Sur le terrain, j'ai envie de participer à un maximum de matches mais je sais très bien que cela dépendra de mes performances, des échéances, du choix du coach.
Quelles sont les principales différences entre ce que vous avez connu au Mans et Marseille ?
Tout change... Au Mans, j'avais un statut différent, je connaissais tout le monde car j'ai grandi là-bas. Ici, je découvre. J'apprends à m'investir par rapport à mes équipiers, au staff et au niveau du retour, cela se passe bien. Il y a plus de monde dans le staff marseillais. Au Mans, Frédéric Hantz menait la barque du club dans son ensemble alors qu'à l'OM chaque personne a ses responsabilités dans son domaine.
Ensuite, il faut que j'apprenne à connaître les joueurs alors qu'au Mans, je les connaissais par c½ur et beaucoup étaient devenus des amis. Mais pour le moment, l'impression est bonne.
Quels sont vos objectifs avec l'OM cette saison ?
Je suis venu ici pour apporter un maximum au groupe... Et à moi-même aussi car j'avais besoin de partir pour me donner une motivation supplémentaire. Au bout de neuf ans dans le même club, on s'essouffle. Le challenge est très intéressant. Ensuite mon objectif est de participer à la vie du groupe, amener mon humeur et ce que je sais faire, ce que je suis capable de faire. Sur le terrain, j'ai envie de participer à un maximum de matches mais je sais très bien que cela dépendra de mes performances, des échéances, du choix du coach... Je donnerai tout pour postuler et donner satisfaction à ce club.
A l'OM, on n'est pas là pour ne pas perdre, on est là pour gagner.
L'optique de la Ligue des Champions vous donne des fourmis dans les jambes ?
C'est loin et proche à la fois... On se prépare principalement pour le championnat qui est très long. La priorité est de bien figurer en championnat pour pouvoir relever les défis en coupes. On n'a pas encore abordé le sujet de la Ligue des Champions mais les fourmis viendront toutes seules à l'approche du premier match. La Ligue des Champions, je l'ai plus vu à la télé qu'en tant qu'acteur mais il ne faudra pas l'aborder comme une montagne. C'est une compétition à part et il faudra être à 120 % mais on a le temps de se préparer. La pression montera toute seule, je ne me fais pas de souci.
Après la rencontre contre Libourne, vous avez parlé d'esprit conquérant. La culture de la gagne est quelque chose d'important pour vous ?
Même dans les matches amicaux, il faut être conquérant. C'est comme les habitudes alimentaires ou les entraînements, quand on est tout de suite dedans, quand on s'implique, c'est plus facile d'être bien les jours de matches. De plus, à l'OM, on n'est pas là pour ne pas perdre, on est là pour gagner. Il faut s'imprégner de la culture de la victoire en étant conquérant en ayant envie de mettre le ballon au fond, de défendre pour ne pas prendre de but. Ce ne sont peut-être que des mots simples mais cela peut amener des performances et des victoires sur le terrain.
Que faîtes vous pour vous concentrer avant un match ?
Je n'ai pas forcément d'habitudes. La concentration vient à la causerie d'avant-match. J'imprègne toutes les consignes dans ma tête. Ensuite, je me relâche sur le trajet vers le stade, j'écoute un peu de musique. Au stade, j'essaie d'évacuer en blaguant, en rigolant pour ne pas faire le match avant, ce qui est souvent négatif.
La routine, c'est le boulet du sportif.
Vous n'êtes pas dans une bulle avant une rencontre...
Non. Chaque personne gère sa concentration à sa façon du moment qu'elle ne gène pas les personnes qui sont à côté. On est quand même 18 joueurs dans un vestiaire, il faut bien se préparer individuellement sans perturber ses équipiers. Au Mans, je savais avec qui je pouvais plaisanter et se détendre avant un match. Cela viendra avec le temps et au fil des rencontres, on se connaîtra beaucoup mieux. Le stress positif vient naturellement surtout à l'OM où l'on va jouer devant 60000 personnes ou même à l'extérieur où les stades seront pleins.
Qu'aimez-vous faire pendant le peu de temps libre qu'il y a en stage de préparation ?
En stage, quand on est à l'hôtel, on mange et on dort. La journée passe très vite, on s'entraîne deux fois par jour et entre les séances, il y a les repas. Je suis amateur de tennis donc je regarde le tournoi de Wimbledon, quand il ne pleut pas... Le soir, on joue au billard, on a joué à la pétanque égaelement. Dimanche après-midi, on s'est baladé sur le port de Capbreton. C'est bien se sortir de sa chambre, de ne pas rester devant la télé, la «zapette» à la main.
Le stage passe vite et c'est bon signe. Il y a du rythme et pas de routine. La routine, c'est le boulet du sportif.
Avez-vous eu le temps de découvrir Marseille ? De trouver un lieu d'habitation ?
Non, pas trop. On n'est resté que trois jours à Marseille et je me suis partagé entre les entraînements et l'hôtel. J'ai pris des contacts pour visiter des maisons. J'aurai plus de temps en rentrant du stage et je compte bien m'accorder du temps pour trouver une maison, car c'est important d'avoir son chez soi en rentrant de l'entraînement.
J'aurai également le temps de découvrir Marseille. Je connais un peu la Côte d'Azur mais moins Marseille.